Le maquillage de simulation (ou moulage) est l'un des outils pédagogiques les plus efficaces — et les moins exploités — par les formateurs en secourisme. Dans cet article, on fait le tour du matériel indispensable, on explique la différence entre les deux grandes familles de fausses plaies, et on vous donne un tuto complet pour maquiller votre premier stagiaire.


Pourquoi utiliser du maquillage en formation SST/PSC ?

Une simulation réaliste change tout dans l'apprentissage des gestes qui sauvent :

  • Le stress est plus proche du réel : le stagiaire doit gérer ses émotions face à une plaie ou un saignement visuellement crédible, exactement comme il devra le faire un jour en situation réelle.
  • La mémorisation est meilleure : on retient plus facilement un geste appris sur un scénario marquant qu'une simple explication théorique.
  • Les échanges sont plus riches : un bon maquillage suscite des questions, de la discussion, de l'analyse du mécanisme lésionnel — bien plus qu'un mannequin neutre.
  • L'évaluation devient plus juste : le formateur peut vérifier si le stagiaire identifie correctement le type de blessure (plaie simple, hémorragique, brûlure, fracture) avant d'agir.

Pour cela, il existe une gamme de produits pensée spécifiquement pour les formateurs : fards professionnels, prothèses de plaies, faux sang, et même de faux outils pour reconstituer un accident du travail.

La mallette maquillage : la base de tout formateur SST/PSC

Avant de foncer sur les prothèses de plaies toutes prêtes, tout formateur qui veut apprendre à créer ses propres effets a besoin d'une base de maquillage professionnel. C'est le rôle de la mallette maquillage pour formation SST-PSC, un kit signé Maqpro regroupant une vingtaine de produits.

Cette mallette rigide et compacte (33 x 25 x 5,5 cm) contient tout le nécessaire pour créer soi-même :

  • des plaies ouvertes et cicatrices grâce à de la cire à modeler (Plasto-Nat) ;
  • des effets de peau arrachée ou brûlée avec du latex liquide ;
  • des hématomes et contusions grâce à des fards crème bleu et jaune ;
  • un état de choc ou une pâleur avec un fard crème spécifique ;
  • des hémorragies grâce à du sang artificiel épais et liquide ;
  • de la transpiration réaliste pour les scénarios de malaise ou d'effort intense.

C'est l'outil idéal pour un formateur qui veut varier ses scénarios à l'infini, sans dépendre uniquement de prothèses toutes faites. À l'inverse, si vous cherchez la rapidité de mise en place, les kits de fausses plaies prêtes à l'emploi (voir plus bas) sont un excellent complément.

Fausses plaies : gagner un temps précieux entre deux ateliers

Quand on anime plusieurs ateliers dans la même journée, on n'a pas toujours le temps de sculpter une plaie au Plasto-Nat entre deux groupes. C'est là qu'interviennent les prothèses de plaies prêtes à l'emploi, comme la mallette kit 7 fausses plaies pour formation SST-PSC.

Ce kit regroupe 7 situations types que l'on retrouve très souvent en formation :

  • un doigt coupé,
  • une fracture ouverte,
  • une hémorragie,
  • deux brûlures (simple et avant-bras),
  • un corps étranger planté (clou),
  • une fracture fermée,
  • une flaque de sang et une flaque de régurgitation,
  • accompagnés d'un flacon de sang et d'un flacon de liquide de transpiration, ainsi que d'une seringue avec tubulure pour simuler un saignement actif.

L'intérêt : ces plaies se posent en quelques secondes sur la peau, sans phase de séchage ni de modelage, ce qui permet d'enchaîner les mises en situation sans perdre le rythme du groupe.

Plaie filet ou plaie à coller : quelle différence ?

C'est une question que se posent souvent les formateurs qui débutent avec le matériel de moulage. Les deux termes désignent deux familles de prothèses différentes, avec chacune leurs usages.

La plaie filet

La plaie filet est une prothèse en résine souple, fine comme un filet ou un timbre de latex, conçue pour se poser très rapidement sur la peau. Elle ne nécessite pas de colle spécifique ni de préparation longue : on l'applique directement, parfois avec un simple adhésif corporel ou une légère humidification, ce qui en fait l'option la plus pratique quand on doit maquiller plusieurs stagiaires à la suite (par exemple, le kit 7 fausses plaies présenté plus haut est composé de ce type de prothèses). C'est le choix à privilégier pour les formations au rythme soutenu.

La plaie « à coller » (type Maqpro)

La plaie à coller est une prothèse plus travaillée, en silicone ou en latex épais, qui reproduit un relief de peau blessée (bords de plaie, chair, profondeur). Elle nécessite une véritable préparation :

  1. on vaporise un film protecteur (type Ercefilm) sur l'ensemble de la prothèse ;
  2. on applique une fine couche de colle spéciale prothèses sur les bords, au verso ;
  3. on attend que la colle devienne transparente avant de poser la prothèse sur la peau ;
  4. on ajoute ensuite du sang artificiel pour les effets de saignement.

Ce type de plaie, comme la plaie hémorragique, offre un rendu bien plus détaillé et un relief 3D très convaincant, mais demande plus de temps de pose et un vrai démaquillage à l'eau froide en fin de séance.

En résumé :

Critère Plaie filet Plaie à coller
Temps de pose Quelques secondes Plusieurs minutes (colle + séchage)
Réalisme du relief Correct, en surface Très élevé, en volume
Matériel nécessaire Peu ou pas de colle Colle spécifique + film protecteur
Idéal pour Formations enchaînées, grands groupes Scénarios « vitrine », évaluations, mises en situation filmées

Beaucoup de formateurs combinent les deux : la plaie filet pour la majorité des ateliers, et la plaie à coller pour le scénario final ou la certification.

Le faux sang : lequel choisir selon la situation ?

Le sang artificiel est sans doute l'élément qui fait le plus basculer une simulation dans le réalisme. Le sang artificiel épais en flacon de 250 ml est une référence pour les formateurs SST/PSC1 :

  • il reproduit fidèlement la couleur et la texture du sang humain ;
  • sa formule alimentaire ne présente aucun danger pour la peau, les vêtements, et peut même être utilisée en péribuccal ;
  • il ne nécessite ni dilution ni mélange : prêt à l'emploi, il s'applique directement sur la prothèse ou la peau ;
  • il se nettoie facilement à l'eau froide, sans tache durable.

Sa consistance plus épaisse convient parfaitement aux écoulements lents et aux plaies déjà en cours de coagulation, tandis qu'une version plus liquide sera préférée pour simuler une hémorragie active et fraîche. Avoir les deux textures dans sa trousse permet de nuancer facilement le degré d'urgence de chaque scénario.

Tuto : maquiller une plaie hémorragique réaliste en 6 étapes

Voici la méthode à suivre pour poser une prothèse de plaie type « à coller » et obtenir un résultat crédible en formation.

Le matériel nécessaire :

Étape 1 – Préparer la prothèse

Vaporisez le film protecteur sur les deux faces de la prothèse (recto-verso). Laissez sécher quelques instants : ce film évite que la colle n'attaque le matériau et facilite le nettoyage ultérieur.

Étape 2 – Encoller les bords

À l'aide d'un coton-tige, prélevez un peu de colle spéciale prothèses. Appliquez une fine couche, de la largeur du coton-tige, uniquement sur le pourtour au verso de la prothèse — jamais au centre.

Étape 3 – Patienter avant la pose

Attendez que la colle devienne transparente. C'est le signal qu'elle est prête à adhérer sans coller de manière excessive ni glisser.

Étape 4 – Poser la prothèse

Positionnez la prothèse sur la zone du corps choisie (avant-bras, jambe, front…) et appuyez doucement sur les bords pour bien la fixer sur la peau.

Étape 5 – Ajouter le sang

Déposez le sang artificiel directement sur et autour de la plaie pour donner l'effet d'un saignement actif. Variez la quantité selon le degré de gravité que vous souhaitez simuler.

Étape 6 – Retirer et nettoyer

En fin d'atelier, soulevez délicatement un bord de la prothèse puis décollez tout le pourtour. Nettoyez-la à l'eau froide sans la plier ni la frotter, laissez-la sécher à plat, puis rangez-la dans son emballage d'origine. Côté stagiaire, le sang s'enlève facilement à l'eau et au savon.

? Astuce formateur : préparez vos prothèses avant l'arrivée des stagiaires (film protecteur déjà appliqué) pour ne garder que l'étape colle + pose le jour J, et gagner un temps précieux entre deux mises en situation.

Aller plus loin : recréer la scène de l'accident avec de faux outils

Le maquillage ne s'arrête pas à la peau. Pour des scénarios d'accident du travail vraiment immersifs (chute, coupure, écrasement…), rien ne remplace la mise en scène de l'environnement. Le set de 6 faux outils pour formation SST/PSC1 est pensé exactement pour ça : une caisse à outils avec poignée, un marteau, une scie, une clé à molette, des clous et vis, ainsi qu'une visseuse-dévisseuse factice à effets sonores et lumineux.

Poser ces éléments autour du stagiaire maquillé permet de :

  • contextualiser la blessure (chute d'un escabeau, coupure avec un outil, projection) ;
  • travailler l'analyse du mécanisme lésionnel avant le geste de secours ;
  • sensibiliser aux risques professionnels réels liés au bricolage ou à un poste de travail.

Combiné à une plaie filet ou à coller et à un peu de faux sang, ce type d'accessoire transforme un simple mannequin en véritable scène d'accident.

En résumé : bâtir sa trousse de formateur SST/PSC1

Pour des simulations réalistes et variées, une trousse de formateur bien équipée combine généralement :

  1. une base de maquillage professionnel (fards, latex, cire à modeler) pour créer ses propres effets ;
  2. un kit de fausses plaies prêtes à l'emploi, type plaie filet, pour les ateliers en rythme soutenu ;
  3. quelques plaies à coller pour les scénarios les plus poussés ou les évaluations ;
  4. du faux sang en plusieurs textures (épais et liquide) selon le degré d'urgence recherché ;
  5. des faux outils pour reconstituer le contexte de l'accident.

Tout ce matériel est disponible sur Daexal, spécialiste du matériel de formation au secourisme.

FAQ — Maquillage pour formation SST/PSC

Quelle est la différence entre une plaie filet et une plaie à coller ?

La plaie filet est une prothèse fine qui se pose en quelques secondes, idéale pour enchaîner plusieurs ateliers. La plaie à coller (type Maqpro) est une prothèse plus épaisse et détaillée qui nécessite un film protecteur et une colle spécifique, pour un rendu en relief plus réaliste.

Le faux sang tache-t-il les vêtements ?

Non, le sang artificiel utilisé en formation SST/PSC est formulé pour ne pas tacher durablement et se nettoie à l'eau froide, aussi bien sur la peau que sur les vêtements.

Peut-on réutiliser les prothèses de plaies ?

Oui, à condition de bien les nettoyer à l'eau froide après chaque utilisation, sans les plier ni les frotter, puis de les laisser sécher à plat avant rangement.

Faut-il un matériel spécifique pour débuter le maquillage de simulation ?

Non, une mallette de maquillage complète comme celle proposée par Maqpro suffit pour débuter : elle regroupe fards, latex, sang artificiel et accessoires d'application dans un seul kit.

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